SANS MON OMBRE, de Edmonde Permingeat

Peut-être que certains d’entre vous ont déjà rêvé de se projeter de l’autre côté du miroir comme dans le célèbre conte « De l’autre côté du miroir » de Lewis Carroll, pour y découvrir sans doute une vie plus sereine et pleine de magie. Mais il s’avère que parfois l’image que nous renvoie ce double n’est pas forcément ce qu’il semble être …

Résumé :

Alice et Célia, deux soeurs jumelles de 35 ans, ne sont pas aussi unies que des jumelles pourraient l’être. Alice te Célia sont les opposées l’une de l’autre et ce, depuis leur enfance. Pendant que Célia était considérée par leur mère comme étant la petite fille parfaite, Alice faisait tout son possible pour se faire remarquer, au point d’adopter un comportement déviant.

Cette véhémence qu’Alice ressent pour sa soeur ne s’est pas dissipée au cours de ses dernières années, jusqu’à ce qu’elle commette le geste irréparable. Alice vient de causer la mort de sa soeur jumelle !

D’abord prise de remords et de tristesse, Alice tente de lui porter secours mais peu à peu la raison quitte son esprit et son sentiment de vengeance reprend le dessus. Ce malencontreux accident devient aux yeux d’Alice le signe d’une seconde chance de réussir sa vie et de goûter enfin aux plaisirs dont sa soeur Célia avait le privilège.

Pour Alice, le plan semble parfait : après s’être débarrassée du corps de sa soeur en le jetant du haut de la falaise, Alice compte s’immiscer dans la peau de cette dernière et endosser son rôle d’épouse aimante auprès de son beau-frère Maxime et celui de mère auprès de Manon et Zoé. Ainsi Alice va enfin avoir la joie d’obtenir tout ce qu’elle a toujours jalousé de sa soeur et vivre la vie dont elle méritait. Mais finalement, on ne peut jamais être certain de ce qui se cache de l’autre côté du miroir et parfois la chute peut-être brutale …

Avis lecture …

La lecture du roman « Sans mon ombre » de l’auteure Edmonde Permingeat a été réellement bouleversante et trépidante ! Ce bouleversement est dû à tout un tas d’éléments, dont celui de commencer ce roman par la mort de l’un des personnages principaux. Il faut avouer qu’il est plutôt rare dans un thriller de découvrir dès les premières lignes l’identité de la victime et celle de son assassin, mais ce partis-pris de l’auteure pose directement le cadre et l’ambiance dans lesquels va se dérouler l’intrigue.

Cette dernière est clairement basée sur le conflit dans la condition gémellaire et la recherche affective. L’auteure nous dépeint deux personnages, à savoir Alice et Célia, deux soeurs jumelles de 35 ans, qui sont en totale opposition pour justement contrer leurs similitudes. Cette crise identitaire pousse notamment Alice à endosser le rôle de la « méchante », facilité par le manque d’affection de leur mère pour sa personne. Ce roman nous expose donc une image du bien et du mal, dans une espèce de jeu de rôle où le mal domine largement.

Mais l’intelligence de l’auteure est de nous montrer au fil des pages, que les choses ne sont pas si simples et que l’univers n’est pas tout blanc ou tout noir. Malgré le geste impardonnable d’Alice, le lecteur peut-être amené à ressentir une sorte d’affection pour son personnage et de comprendre sa douleur. Ainsi le fait que l’auteure ai décidé d’inclure la vision de la défunte [Célia] vers le milieu du roman, cela va en quelques sortes bouleverser les avis et les sentiments du lecteur et les remettre en question. Pour ma part c’est cet élément qui est très intéressant dans ce roman et qui donne une deuxième dimension à ce thriller psychologique.

Il n’y a pas si longtemps de cela, j’ai pu lire le roman « Effet miroir » de Wendy Thévin aux éditions BMR (ma chronique est disponible sur le blog) qui relatait également une histoire de gémellité mais cette fois-ci dans une romance sentimentale. Malgré le fait de lire deux romans coups sur coups évoquant à peu près le même thème, mon intérêt pour ce genre de roman n’a pas du tout fléchi. Au contraire j’aime toujours autant cette complexité dans la relation à l’autre, chez deux personnes qui partagent une identité physique et dont elles essayent de se départir malgré elles.

Ce roman a été une réelle découverte de l’auteure et de son imagination débordante, et je recommanderais ce roman sans hésiter, surtout pour la toute dernière phrase qui m’a fait particulièrement sourire !



Entretien avec Edmonde Permingeat à l’occasion de la sortie de son roman « Sans mon ombre »

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